vendredi 16 février 2007

Camille

C’est une fille de trois ans.
Elle s’appelle Camille.

Quand elle sera grande, elle sera traductrice. Elle a la chance d’avoir la double nationalité. Elle vivra en France à Paris et elle aura une maison au Touquet pour passer ses week-ends.
Elle finira de bonnes études. Elle aura le choix de travailler à la télé, de présenter une émission, de traduire en direct, ou même de créer sa propre société.
Elle n’aura pas de soucis d’argent. Elle voyagera pour connaître le monde. Elle aura beaucoup d’amis avec qui elle s’amusera. Elle pensera toujours à ses parents et à sa petite sœur et même elles travailleront ensemble. Elle se mariera vers 30 ans, elle aura deux jolis bébés, et sa maman aidera à les élever pour qu’elle puisse être épanouie, et ses enfants aussi. Elle s’occupera de son travail. Elle mangera tous les plats du monde, elle aimera tout goûter. Elle sera joyeuse, gaie, attentionnée, elle aura bon cœur. Elle sera célèbre et solitaire.
Elle aidera les enfants malades et malheureux. Elle vivra très longtemps avec sa famille en écrivant un livre sur sa vie.

Une soirée au théâtre

Hier soir je suis allée au théâtre pour la première fois. Ce n’était pas la première de fois de ma vie, sinon j’aurais mis une robe de soirée, comme celles que portent les femmes à l’Opéra à Paris. C’était juste ma première soirée dans un théâtre en France, et c’était organisé par l’Escale-Europe de Colombes.

La soirée a commencé par une soupe bien chaude et qui aurait du cuire un peu plus. Ca m’a fait penser à celles que je mangeais chez moi en Russie, avant que je vienne en France.

Lorsque je suis entrée dans la salle, j’ai cherché la scène avec les acteurs, il n’y avait sur le sol qu’un tas de sable. Quelqu’un m’a expliqué que le « Projet Babel » était une mise en scène moderne, et que ce n’était pas le lieu qui comptait, mais le jeu des acteurs. J’étais loin du Bolchoï.

Lorsque la lumière s’est éteinte et que les acteurs sont entrés, je n’ai pas compris tout de suite. Ils parlaient vite, et le français n’est pas ma langue maternelle.
Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre, avec l’aide de mon voisin a qui j’ai posé beaucoup de questions. Le sujet était sur la Bible, et sur la construction de la tour de Babel. En Russie nous n’avons pas la même histoire religieuse, mais j’ai compris que les fils de Noé se disputaient au sujet de la tour qu’ils construisaient.
Je crois que c’était pour montrer que la tour était un symbole de pouvoir. Plus les 3 acteurs montaient haut dans le ciel, moins ils voyaient la réalité en bas. Ca s’est terminé par la chute d’un des trois, et la séparation des 3 frères.

Pour moi la morale de cette histoire, c’est que plus on s’élève haut, moins on est au contact de la vie de chaque jour, et que le pouvoir des hommes est destructeur.

La deuxième pièce était sur un sujet récent, car elle parlait de la guerre en Irak. C’était une histoire d’amour entre un soldat américain et une femme irakienne. Tous les deux essayaient de vivre leur amour alors que la guerre les opposait. C’était la femme qui semblait la plus amoureuse, au début elle appelait le soldat, et lui disait des mots d’amour. Elle parlait de leur différences, et de l’amour qui était plus fort. C’était un peu comme Roméo et Juliette, pendant la guerre.

La femme donnait son corps et son amour au soldat. C’était émouvant, et très fort car ça m’a rappelé qu’en Russie nous avons eu aussi une guerre avec l’Afghanistan.
La fin de la pièce était violente et triste, car la sœur de la jeune femme lui reproche d’aimer un américain et veut la ramener dans sa religion. La jeune femme refuse, alors sa sœur la tue. C’est très grave, car pour moi ca veut dire que le meurtre de sa sœur est autorisé par la religion. Je ne crois pas qu’une religion autorise cela, la mienne pas en tout cas.

La dernière histoire m’a touché car elle parlait de mon pays et de la violence des soldats russes racontée par Anna Politovskaïa. C’est difficile de juger son pays à travers une pièce de théâtre, même si je sais que les soldats sont violents.
Dans cette histoire, les tchétchènes sont gentils et artistes, et les russes violents et alcooliques. Je crois qu’il ne faut pas généraliser toutes les situations et qu’il y a autant de soldats violents dans toutes les armées du monde.
Après cette pièce je suis rentrée chez moi et j’ai repensé a ces trois pièces. Il y avait de l’amour, de la violence et de la mort.

Je me demande si le monde entier est comme cela.