mardi 30 septembre 2008

Sortie au château de versailles

Voici une video de la sortie au château de Versailles par le groupe de l'Escale-Europe,accompagné de Kristina.


Cette visite du Château de Versailles clôture le travail des premiers ateliers socio-linguistiques de l’ADN 92. Ce rendez-vous annuel du mercredi 19 mars 2008 est organisé dans le cadre de la Semaine de la langue française, ayant pour thème « les mots de la Rencontre ». Elle a mobilisé des stagiaires en apprentissage du français de la maison de quartier Escale Europe et de l’Atelier Dagobert, tous deux de la ville de Colombes.

kono aki wa
nande toshiyoru
kumo ni tori
Basho

Cet automne-ci
pourquoi donc dois-je vieillir ?
oiseau dans les nuages

Le thème proposé au Château de Versailles pour cette année était l’écriture de petits poèmes japonais dits haïku. Cette forme de poésie, courte, incite à dire en peu de mots un ressenti, une émotion.

A l’origine, le haïku était lu à haute voix et racontait la fuite du temps. Il invitait l’auditeur à regarder autrement les choses et à s’intéresser à ce qui d’habitude lui semblait de peu d’importance.

En japonais, le haïku s’écrit en 17 syllabes et sur une colonne. En français, il est traduit sous la forme de 3 vers (5 + 7 + 5). L’écrivain, Thierry Cazals nous a accueillis et nous a amenés progressivement à écrire quelques haïkus.

Le matin a été consacré à une découverte des jardins et bassins du Parc de Versailles. Nous avons été accompagnés par un guide du Château, Matthieu et Thierry Cazals. Une écoute sensible des fontaines, du vent, des giboulées de neige, très présents, ce jour là, et de tous les sons qui se laissaient entendre à nos oreilles ont donné lieu à une « matière première » stimulant ensuite nos haïkus.

En même temps, nous avons été invités à regarder avec plus d’attention les visages des statues, une tortue qui « passe par là », une fenêtre de Louis XIV, la beauté d’un jardin symétrique. Nos mains nous ont dits la rugosité de la pierre, opposée à la surface lisse d’une statue.

Après avoir partagé en convivialité, le repas tiré du sac, l’après-midi nous a dévoilé les appartements royaux, la Galerie des Glaces, la vie quotidienne d’une époque où le Roi est le centre du monde. Madame Audrey Luciani, responsable du projet, nous a guidé tout au long de ce parcours « royal » qui notamment, nous a ouvert les portes des « coulisses » d’une vie royale publique, où une Reine lisait, recevait ses amis, brodait, etc.

Dans ce livret, nous espérons que ce voyage en poésie vous permettra de voyager tout autant que nous.

Kristina Vernarcikova

Benoît Hémidy




J'aime aussi jouer avec les mots, hélas c'est plutôt le temps qui se joue de moi !

Que puis je rajouter à votre beau et sensible texte d'introduction ?

Rien si ce n'est que la dimension de l'apprentissage de la langue, la découverte de la culture française et des clefs qui permettent à notre public d'accéder à une meilleure compréhension de notre société représente aussi une découverte, un partage d'émotions comme le sont les haïkus, fugaces mais tellement intenses !

Cordialement,

Bertrand Faure

Directeur de l’ADN 92 – Ateliers Dagobert

Les mots sont de merveilleux "outils", permettant de transmettre des informations, des savoirs, des connaissances… Mais ce n'est pas tout ! Les mots sont aussi des êtres vivants, voyageant et ricochant de cœur en cœur, ouvrant des fenêtres et des portes là où auparavant on ne voyait que des murs.

Grâce aux mots, les humains peuvent partager leurs émotions, leurs rêves, leurs espoirs, leurs étonnements, leurs vertiges…
Là réside toute la magie de la poésie !

Le mercredi 19 mars (au château de Versailles) et le mardi 25 mars (dans les locaux d'Escale Europe à Colombes), j'ai eu le bonheur de partager mon amour des mots avec une vingtaine de personnes venant de tous les horizons : Europe, Asie, Afrique du Nord, Amérique du Sud…
Écouter, contempler, humer le mystère du monde et oser écrire ce que l'on ressent : ce n'est pas une mince affaire !
Il y a des milliards de façons de s'exprimer par l'écrit. Pour cet atelier placé sous le signe de la « rencontre entre les cultures », j'ai choisi une forme de poésie pratiquée au Japon depuis plusieurs siècles : le haïku. S'écrivant en 3 vers brefs, sans rime, le haïku cherche à témoigner de l'éternité d'un instant, de la beauté foudroyante tapie au cœur-même du quotidien. « Voir le nouveau dans l'ordinaire… Il y a des trésors cachés dans l'instant présent… », écrivait le poète japonais Santoka.

Au final, chacun a écrit un, deux ou plusieurs haïkus. D'abord, en écho à la visite du Château de Versailles et de ses jardins. Puis en explorant les différentes facettes du mot « VISAGE » (l'un des dix vocables sélectionnés cette année pour "La semaine de la langue française").
Voici un petit aperçu de ces créations nées sous la plume d'hommes et de femmes arrivés sur le sol français depuis parfois peu de temps.
Laissons-nous surprendre et toucher par ces poèmes à la fois tendres et fragiles, mais aussi vivifiants et audacieux…

Thierry Cazals Ecrivain


J’aime la langue française, j’aime jouer avec les mots, j’aime écrire ou dire des textes. J’aime aussi partager ce plaisir avec d’autres. Et si ces autres sont des hommes et des femmes pour qui le français est une langue encore étrangère, le plaisir s’en trouve renforcé. Parce qu’à l’utile, la nécessité d’apprendre le français, on a joint l’agréable. A l’Escale Europe comme à l’atelier Dagobert, nous accompagnons des adultes dans l’apprentissage du français, et nous faisons tout notre possible pour que cet apprentissage se fasse dans les meilleures conditions.

En transcrivant dans ces haïkus leur émotion, leur sensation, leur impression à Versailles, aussi fugitives soient-elles, leurs auteur(e)s nous font un beau cadeau…

Ce cadeau, qui légitime et embellit notre mission, le voici, imprimé et relié. Nous vous le donnons à lire… et à savourer sans modération.

Christine Charbonnier

Directrice de la maison de quartier Escale Europe